Les insectes en tiny house

Comment gérer la présence d’insectes en tiny house et pourquoi certains de nos passagers clandestins peuvent se révéler très utiles.

– Introduction :

Le printemps est proche au moment où j’écris ces lignes et avec lui son cortège de petits habitants parfois très facétieux. Quand on vit en tiny house, la maison étant toute petite, nous n’avons pas la moindre profondeur stratégique pour faire face à nos petits envahisseurs. La plus petite invasion d’insectes devra donc être prise au sérieux rapidement. Cependant, sur une petite surface, toute action aura l’avantage d’être suivie d’effets rapides, ce qui est plutôt pratique.

L’implantation de votre tiny house aura de grandes conséquences sur les insectes susceptibles de frapper à votre porte. Je développerai principalement à partir de mon expérience basée sur ma mini maison en zone forestière de moyenne montagne.

Merci de prendre en compte que je n’ai pas encore pris les photos de mes petits habitants. Les photos viendront avec l’avancée de la saison.

– Le moustique :

À tout seigneur tout honneur, le cas du moustique sera bien difficile à défendre même pour le meilleur avocat. Au delà des piqures, le simple bruit au moment de s’endormir est déjà, à lui seul une nuisance.

En l’état actuel de mes recherches, les répulsifs ne marchent pas à l’exception parfois de certaines formules tropicales à base d’Icaridine. Donc pas top !

À ne pas confondre avec le tipule, ou cousin. Facilement reconnaissable avec ses grandes pattes et parfaitement inoffensif.

Ce qui marche :

  1.   les moustiquaires idéalement sans traitement insecticide.
  2. Vider tous les récipients remplis d’eau autour de la tiny house dépourvus de couvercles.
  3. Utiliser un petit ventilateur au dessus de son lit. Les moustiques ont énormément de mal à stabiliser leur vol même par vent faible. Observation valable dehors également.
  4. Avoir des auxiliaires araignées (voir plus bas)

– Les fourmis :

Chaque printemps c’est la même chose, j’ai une invasion de fourmis dans le container. Elles envahissent tout, en faisant de petites autoroutes dans la moindre anfractuosité. Mais elles ne touchent jamais à la nourriture. Au fil des ans j’ai fini par tester un paquet de solutions avec plus ou moins de succès. Cette situation est souvent le motif d’inquiétude principal quant aux insectes en tiny house. Attention, les fourmis c’est comme la légion romaine, elles n’arrêteront le combat qu’à la victoire ou la mort.

Comme d’habitude les répulsifs bio ou les produits assez doux ne marchent pas. J’ai tendance à toujours privilégier la méthode douce mais jusque là sans succès.

Ce qui marche :

  1. La terre de diatomée, très efficace si vous contrôlez tous les accès à votre tiny house. Attention la moindre branche donnant sur votre toit est aussi une route efficace pour les fourmis. (Produit sensible à l’humidité)
  2. L’insecticide en spray de contact, celui qui reste actif pendant au moins 2 semaines. À pulvériser sur les accès.
  3. Les appâts empoisonnés, leur action plus lente contaminera la colonie. Cette technique se révèlera très efficace en combinaison avec l’insecticide.
  4. Les araignées, elles mangerons les fourmis que vous aurez ratées.

– Les araignées :

Elles souffrent d’un sacré délit de sale gueule pourtant ce sont des travailleuses dévouées. N’hésitez pas à signer une alliance avec les araignées, ces dernières feront le ménage pour vous. Elles sont à même de piéger la majorité des insectes susceptibles d’envahir votre tiny house. Laisser leur certains coins sombres.

Je régule très peu ma population d’araignées. Je passe de temps en temps l’aspirateur pour enlever les toiles en faisant attention de ne pas aspirer sa propriétaire. Si certaines se montrent trop envahissante mettez-les simplement dehors.

Mon conseil, gardez précieusement vos araignées. Soyez également prudent lors de l’utilisation d’insecticide contre d’autres espèces de ne pas tuer vos précieuses auxiliaires.

– Le grillon :

Si vous possédez un poêle à bois, il n’est pas impossible qu’un grillon vienne vous rendre visite pour l’hiver. Ce dernier se cachera sous votre poêle pour passer la mauvaise saison au chaud avec vous et vous ramener un peu de soleil en attendant le retour des beaux jours. Ce locataire ne présente aucun danger pour votre habitat et peu parfois vous agrémenter de son chant.

– Les puces :

Peu d’invasions sont aussi préoccupantes et nuisibles que les puces. Si vous ne possédez pas d’animal de compagnie, vous avez peu de chances d’avoir des puces à bord. La vigilance sera votre meilleure alliée pour gérer cette situation avant qu’elle ne soit hors de contrôle. Une série de petites piqures groupées sur le corps doit être considéré comme une alerte.

Comme d’habitude la manière douce sera inefficace.

Ce qui marche :

  1. L’aspirateur : les puces détestent le ménage et une tiny house bien tenue constitue un obstacle dans leur multiplication.
  2. L’insecticide en spray de contact, valable pour les invasions mineures.
  3. Les araignées qui seront à même de traiter une ou deux puces de passage et détruire la menace dans l’oeuf.
  4. Spray fogger maison, l’arme atomique en cas d’invasion hors de contrôle. Très efficace mais nécessitera d’évacuer la tiny house pour traiter. Sortez également tout ce qui a trait à l’alimentaire avant utilisation.

– Les tiques :

Les tiques peuvent parfois s’inviter dans une tiny house, surtout si vous vivez en pleine nature. Elles représentent un danger surtout parce qu’elles sont un vecteur de la maladie de Lyme. Les méthodes de protection seront surtout préventives.

Pulvériser un répulsif à base d’Icaridine sur les bas de pantalons fonctionne parfois.

Ce qui marche : 

  1. Éviter de se déplacer dans des broussailles et autres lieux infestés.
  2. Supprimer les broussailles et les hautes herbes à proximité de la tiny house.
  3. Surveiller la moindre parcelle de son corps pendant la toilette (utilisez un miroir grossissant).
  4. Utiliser un tire-tique en cas de piqure et consulter rapidement en cas présence d’une tache suite à la piqure. Attention, l’absence d’érythème ne signifie pas absence de maladie, restez vigilant!

– Les guêpes et frelons :

Les guêpes et frelons sont à surveiller au début du printemps. Il n’est pas rare qu’ils rentrent dans les maison pour chercher à nicher. Ce qui peut parfois mener à des surprises cocasses. Dans la mesure du possible traitez les nids que s’ils représentent un danger pour vous. Essayez au maximum de laisser tranquilles les frelons européens. Ces derniers, souvent calmes sont un prédateur naturel des guêpes et d’autres insectes pouvant vous gêner en tiny house. Soyez vigilants vis à vis des frelons asiatiques, nuisibles pour nos abeilles et très agressifs. Faites également attention aux nids pouvant se trouver dans le sol.

À moins de posséder de bonnes compétences, je vous encourage à faire appel à un professionnel ou aux pompiers. Les piqures peuvent provoquer dans certains cas des réactions allergiques mortelles. Avoir déjà été piqué sans conséquences ne constitue pas non plus une immunité. Chaque nouvelle piqure est une loterie.

Comme dans mes précédents tests les répulsifs n’ont pas marchés. Je vais donc arrêter d’en parler à partir de maintenant parce qu’ils n’ont jamais vraiment fonctionnés.

Ce qui marche :

  1. La tapette à mouche, technologie sans échec et lowtech efficace en invasion modérée.
  2. L’aspirateur, idéal également en invasion modérée.
  3. L’insecticide en spray spécial volants, reconnaissable à son diffuseur conique pour cibler efficacement 1 ou 2 frelons asiatiques en vol.
  4. Le spray mousse spécial nid, idéal pour le traitement de nids jusqu’à 15/20 cm de diamètre. La mousse insecticide va envelopper le nid et empêcher les insectes de sortir. La portée de près de 3 m garantie une certaine impunité pour l’utilisateur.
  5. Les araignées, traiteront efficacement les guêpes de passage.

– Les abeilles :

Le voisinage d’abeilles est une bonne chose avec les bonnes pratiques. Ne vous approchez pas d’une ruche, surtout si elle vient d’être installée. Les abeilles sont plutôt pacifiques mais elles se défendront sans pitié face à un comportement perçu comme une menace. Courant juillet, il n’est pas rare que des essaims se forment pour créer de nouvelles colonies. L’installation d’un essaim est un spectacle impressionnant. En cas d’arrivée inopportune faites venir un apiculteur qui sera très heureux de récupérer une nouvelle colonie.

– Les mouches, taons et moucherons :

Pas spécialement nuisibles, juste chiants ! Avec les taons qui piquent en plus. Généralement leur présence n’est pas fortuite. L’absence de nourriture en libre service peut constituer une axe de lutte efficace. Toutefois la proximité d’animaux comme les vaches ou les chevaux attirera énormément de mouches et de taons sans que vous puissiez intervenir en amont.

Ce qui marche :

  1. Éloigner les grands animaux si possible.
  2. Utiliser un garde manger.
  3. La tapette à mouche, en invasion modérée.
  4. Les araignées, toujours sur le pont !
  5. Les serpentins collants, un vieux truc qui marche toujours, très efficace en cas d’infestation.

– le perce-oreille :

On le rencontre souvent dans les recoins, notamment dans les encadrements de fenêtres des tiny houses, sous les bardages, etc… Naturellement comme il possède un délit de sale gueule c’est un insecte utile. Inoffensif, c’est un prédateur redoutable des pucerons et autres larves d’insectes. Laissez-le tranquille, il vous le rendra bien, surtout au jardin.

– Le ciron :

Vous avez remarqué que de la farine se déplaçait toute seule sur le plan de travail de votre tiny house. Il s’agit d’une invasion de cirons. Avant l’invention du microscope, on considérait cette créature comme le plus petit être vivant du règne animal. Il s’agit en fait d’un acarien visible à l’oeil nu. En dehors du risque d’allergie, il ne présente aucun risque. On le trouve également sur certains fromages et autres salaisons. Le ciron va proliférer dans certaines conditions et sera avant tout éliminé par des mesures prophylactiques.

Ce qui marche :

  1. Éviter une hygrométrie trop élevée, ce qui n’est pas toujours facile en tiny house.
  2. Utiliser des contenants hermétiques pour les aliments si possible.
  3. Ne pas laisser de farine traîner même en petite quantité et bien faire les poussières.

– le capricorne et la vrillette :

On attaque ici les vrais nuisibles. Ces deux espèces pondent des larves xylophages. Autrement dit, votre bois d’ossature sera leur dessert ! Généralement ces insectes s’attaqueront à des bois déjà impactés par de l’humidité ou d’autres mauvais traitements. Des petits trous, de la sciure ou des bruits de grignotage caractéristiques seront des symptômes à ne pas traiter à la légère.

Ici pas d’improvisation, des traitements curatifs costauds et un avis professionnel.

À ne pas confondre avec la punaise américaine du pin qui cherche à rentrer dès qu’il fait froid dans les maisons. Cette dernière se nourrit de graines. Je laisse les miennes hiverner dans mon container parce que leur vol balourd me fait beaucoup rire.

– En conclusion :

Je termine ici cette compilation un peu succinte qui traitera des passagers clandestins principaux susceptibles de partager votre odyssée. Ce que l’expérience m’a apprise c’est surtout que l’observation et l’absence de préjugés étaient essentiels. En l’état de mes connaissances actuelles trois approches ont payé pour gérer mes insectes en tiny house. L’utilisation efficace d’auxiliaires (les araignées), les moyens « mécaniques » (tapette, aspirateur…) et la lutte chimique.

Pour lutter contre la progression des nuisibles en limitant votre hygrométrie n’hésitez pas à consulter cet article :

L’humidité en tiny house

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