Mieux appréhender les méandres de la vie en maison autonome, entre promesses et désillusions.
– En fait c’est quoi une maison autonome ?
Je crois qu’ à l’heure actuelle c’est surtout un business. On est passé d’un mouvement de personnes voulant reprendre le contrôle sur leur mode de vie à un commerce de la peur exploité assez habilement. Bref, ça c’est pour les grandes lignes.
Si l’on se rapproche de l’aspect humain et dans le dialogue on se rend compte qu’il existe autant de définitions que d’habitants. Cependant des concepts semblent communs dans chaque parcours. Devenir acteur, comprendre comment ça marche, la résilience, le bon sens etc… sont des motivations fédératrices dans l’habitat autonome.
Je ne me sens pas légitime pour donner une définition exacte. Je crois en revanche qu’il m’est possible d’éliminer certains concepts foireux menant à des impasses.

– L’autonomie ?
L’autonomie telle qu’elle peut être dépeinte sur internet est déjà un concept foireux. Dans la mesure où vous ne pouvez certainement pas fabriquer une batterie lithium polymère par vos propres moyens ou soigner vous même votre carie dentaire, les limites sont vite atteintes. Il n’y a pas une « autonomie », il y a des formes d’autonomies.
Vous ne pourrez jamais tout faire mais vous pouvez développer votre forme d’autonomie en rapport avec vos capacités et en profiter pour en développer d’autres.
En plus de compétences techniques il ne faut pas oublier les compétences sociales. Certains seront plus forts pour réparer des machines et d’autres pour faire pousser des légumes alors pourquoi ne pas articuler ces savoirs-faire dans une dynamique sociale?
Dernier point, la condition géographique. Il va de soit que s’intéresser à l’habitat autonome quand on vit en appartement est assez limité mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras.

– La maison non raccordée :
Beaucoup de personnes confondent une maison non raccordée et une maison autonome. En gros c’est l’idée de sortir une maison des réseaux avec différents moyens techniques sans repenser à sa manière d’habiter. C’est là qu’on rentre dans l’autonomie business. Vu que la maison n’est pas pensée pour une véritable autonomie, on va compenser par une débauche technologique. Grosse installation photovoltaïque pour le frigo américain et les plaques à induction et ainsi de suite.
Le problème c’est que l’on remplace une installation perfectible par une nouvelle encore plus complexe. Vous allez appeler votre plombier en cas de panne, ce dernier vous répondra qu’il n’a pas les compétences pour ce type d’installation. Il faudra donc vous mettre en quête d’un artisan encore plus spécialisé, plus rare et plus cher. Vous voici donc davantage tributaire de l’extérieur qu’à l’époque où vous étiez raccordé, quelle ironie. Et tout cela avec une installation payée à prix d’or parce que trop compliquée pour la faire vous-même.

– La maison autonome :
Rentrer dans l’autonomie nécessite d’abord de repenser son rapport à la vie quotidienne. Peut-être abandonner sa pompe à chaleur pour une cuisinière à bois. La maison peut être vue à la manière d’un bateau, gestion de l’eau, de l’énergie et ainsi de suite. Sans oublier que les bateaux font des escales… Au delà de la démarche personnelle certaines questions sont de bons guides pour avancer :
- Est-ce que je peux le mettre en place moi même ?
- Est-ce que c’est durable ?
- Facilement réparable ?
- Est-ce que je ressens du confort parce que je comprends comment ça marche et que je peux intervenir moi même ?
- Est-ce que ça me permet de faire des économies ?
- Est-ce que ça simplifie mon installation et ma vie quotidienne ?
- Est-ce que je pérennise mes besoins fondamentaux ?

– La maison en « demi-pension » :
Dernier cas et pas des moindres ! Parce qu’il concerne une majorité de personnes qui n’a pas la chance d’avoir une ferme isolée avec quelques hectares de terres et une source.
Peu de cas de figure sont finalement adaptés à une maison autonome optimale. Alors pourquoi ne pas choisir où s’investir en fonction des points forts et faibles de son habitat. Regarder avec intelligence et créativité en prenant parfois du recul pour optimiser sa maison.
Cas concret : Vous n’avez pas la possibilité de passer en électricité autonome? Peut-être mais est-ce que ça ne vaudrait pas le coup d’avoir une petite production photovoltaïque pour faire marcher la chaudière en cas de coupure? Pas de source d’eau alors pourquoi ne pas récupérer l’eau de pluie et utiliser un filtre à gravité? Pas de jardin suffisant pour l’autonomie alimentaire, oui mais prendre deux poules?

– En conclusion :
Peut-être qu’il n’y a pas de définition exacte de la maison autonome et qu’elle reste à définir. Je crois malgré tout qu’une habitation bien pensée apporte un confort par rapport à sa résilience et la satisfaction d’être acteur de sa vie quotidienne.
Dernier détail qui a toute son importance, ne sous-estimez jamais vos capacités d’apprentissages et la force de la persévérance. Vous serez également surpris de la quantité de choses que l’on peut faire quand on passe son temps sur un établi plutôt que devant un écran.
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